Histoire

2019

Tout commence en juin 2019 avec une table. L’idée de fixer une petite tablette sur un potelet urbain existant déjà, j’ai voulu en créer une avec mon propre design et uniquement du bois issu de la récupération, dans un esprit d'upcycling. Après quelques tests pour valider l’idée, j’ai réalisé un premier prototype avec des chutes de bois et une canette de bière coupée en deux en guise de cendrier ou de pot à fleur. 

 

En parallèle de mes études d’architecture (de 2018 à 2021), j’ai développé l’objet et j’ai créé un système d’attache à l’aide de vis papillons, ce qui permet une stabilité parfaite. Je ne connaissais rien à la menuiserie et j’ai dû tout apprendre avec l’aide d’une association versaillaise, appelée ADN. Un professeur de design de mon école m’a donné quelques conseils afin de protéger mes idées. Je faisais comme je pouvais : je récupérais des chutes de bois après des workshops et des projets et je faisais des prototypes après les cours. 

 

J’ai également créé un cendrier qui se fixe autour d’un poteau. J’ai réalisé quelques tests sur la voie publique afin de valider cette deuxième idée. J’ai donc déployé 3 cendriers sur des poteaux, en face de stations de métro, dans le 11ème arrondissement de Paris. Les tests ont été concluants : avec un objet original, les passants sont tentés de jeter leur mégot dans le cendrier. Mon but sur le long terme serait d’empêcher à des milliers de mégots de finir par terre et pourquoi pas de les intégrer un jour à une chaine de recyclage.

 

Après avoir constitué un stock de table et de cendrier suffisant, j’ai fait le tour de Paris en vélo afin de démarcher des restaurateurs. La plupart du temps ils trouvaient l’objet « cool » et « innovant » ce qui me confortait et donner envie de continuer. J’ai prêté une table au restaurant Aussi(e) (11ème arrondissement de Paris) et au bar Le voltaire (11ème). Un soir, la table a eu tellement de succès que plus personne ne pouvait circuler sur le trottoir. Ils ont du l’enlever et me l’ont rendu. 

 

L’autre partie du temps, soit « le patron » n’était pas là, soit ils me disaient qu’il ne voulait pas prendre le risque de se prendre une amende par la ville de Paris pour non respect du cahier des recommendations des terrasses parisiennes. En fait, « sur tous les trottoirs, une bande de 1,60m de large doit être réservée à la circulation des piétons ». Autrement dit : la table était « un peu » illégale. Aussi, « des cendriers mobiles peuvent être installés devant l’ensemble des établissements sans devoir payer de taxe additionnelle. Ils doivent simplement faire l’objet d’une demande d’autorisation préalable ». Autant vous dire que j’étais mal barré et que je ne voyais pas comment faire pour que mon projet décolle.

 

2020

Après quelques semaines de découragement, je vois le bout du tunnel lorsqu’Anne Hidalgo -la Maire de Paris- annonce l’extension gratuite des terrasses à la sortie du premier confinement dû à l’épidémie de Covid-19. En à peine 1 mois, mes créations deviennent « légales », ou du moins « autorisées » pour quelques temps. Je saute sur l’occasion et décide de rappeler quelques restaurateurs qui étaient intéressés à l’époque. Je tombe alors sur Maxime, le patron du Sophomore (11ème). Une grande aventure vient tout juste de commencer.

 

Tout s’est enchaîné très vite. J’ai vite compris qu’il y avait une Demande. Il fallait créer l’Offre. Petit problème : je n’ai rien, presque aucune machine, pas d’atelier et que mes propres mains pour produire. Je commence alors comme je peux, à produire quelques tables sur mon balcon, à Paris, au grand mécontentement des mes parents, tous les deux en télétravail. Mes voisins et mes parents ont été bercés au bruit de la scie circulaire pendant quelques semaines avant que je trouve une solution plus viable.

Une belle couverture médiatique m’a permis de me lancer assez vite après le déconfinement. J’ai eu la chance d’échanger avec un journaliste du Parisien, ce qui m’a permis d’obtenir quelques clients et un grande visibilité. En week-end en Bretagne, je reçois le jour même de la parution de l’article un appel d’un journaliste de M6 qui me propose une interview à Paris dans l’après-midi. J’accepte direct et fais tout pour arriver à l’heure à Paris en prenant le premier TGV (et en courant un peu). Je passe aussi dans « L’innovation du jour », une chronique de la radio Europe 1.

 

Félix R, un très bon ami à moi m’a proposé de m’aider à produire. On a trouvé un local, ce qui nous a permis de produire à la chaine et d’assumer les délais de livraison. Une vraie routine s’est mise en place. On produisait le matin et l’après-midi il démarchait et je livrais. Le nombre de commandes augmentait assez vite et on avait besoin d’aide : Balthazar D est venu nous aider, ce qui nous a un peu soulagé. Lorsqu’ils partaient en vacances je continuais de produire et de gérer le SAV avec les clients. Même si cela a été 2 mois de travail non-stop 9h-20h pendant l’été 2020, à respirer des vernis polyuréthane à plein nez sans protection et à manger de la sciure de bois, quelle expérience de malade ! J’ai appris énormément de choses, que ce soit en production à la chaîne, en relation client, en marketing ou bien en négociation !

 

Après cet été là : retour à la réalité. Le Covid-19 ne nous a pas lâché et Macron nous a confiné une 2ème fois. Je me suis alors concentré à 100% sur mes études d’architecture tout en réfléchissant à la suite. Après avoir posé les bons et les mauvais points de l’été 2020, j’ai décidé de faire un bilan. On a vendu près d’une quarantaine de table à Paris et en proche banlieue et moins d’une dizaine de cendrier. Je peux affirmer que 20% des restaurateurs sont sensibles à l’aspect « durable » du projet et au fait que la table « Extra Terrasse » ait été réalisée en bois issu de la récupération. Étant donné que l’on est dans une période particulière, où certains sont en difficultés, ils ont aussi investis dans des Extra Terrasse pour augmenter leurs commandes et la capacité d’accueil de leur restaurant ou bar ! Je suis très fier d’avoir pu participer à leur développement et je souhaite continuer.

 

 

2021

Après avoir parlé avec un professeur de Design de mon école, je me suis rendu compte qu’il n’existait pas de mobilier urbain en bois recyclé. Merci Martial M. Lorsqu’une mairie ou une commune investit dans du mobilier, elle veut une garantie décennale. Il fallait me mettre à l’évidence : si je voulais un jour proposer des tables ou des cendriers qui résistent aux intempéries, aux UV, aux gros chocs, aux vols et à tout type de dégradation, il fallait que je trouve une solution.

Je me suis alors rapproché d’un fabricant de mobilier urbain français, basé à Avignon, dans le Sud de la France. Il m’a affirmé que l’acier était la solution à mes problèmes. Je pouvais avoir un objet en acier galvanisé, traité pour résister aux UV, à la corrosion, à la rouille et aux intempéries. Au début j’ai dis non. Je ne voulais pas passer du bois à l’acier. Je voulais rester avec du bois de récupération, même si c’était dur. Finalement, il m’a assuré qu’un objet en acier avait une durée de vie de plus de 15 ans. Il vaut mieux un objet en bois qu'il faut changer tous les ans ou un objet en acier qui en dure 15 ? Qu'est ce qui est le plus écologique?

Avec des prototypes en acier, j'allais enfin être pris au sérieux lorsque je démarcherais une mairie, une commune ou bien un restaurant qui voulait un objet résistant ! Je pouvais leur assurer que mon objet était fiable. En plus, j’ai appris que l’acier était 100% recyclable, ce que peu de personne savent. En effet, lorsqu’un objet en acier est en fin de vie, il peut être renvoyé dans une aciérie, afin de lui donner une seconde vie ! Cela s'inscrivait dans ma démarche. 

Ainsi, après 1 an et demi de travail, je commercialise des produits en acier et en bois recyclé ! Chacun a le choix. Les restaurateurs peuvent opter pour un objet artisanal en bois recyclé, ou un pour un objet en acier galvanisé ! Ils ont le choix entre deux design (quasi) identiques !

L’Extra aventure continue !